19 août 2008
Norvège, entre Oslo et Bergen.
Pour la première fois depuis plusieurs années, j'ai un salaire fixe depuis un an et des congés fixes eux aussi, pendant lesquels j'ai pu me permettre de faire un voyage, un vrai, un de ceux dont je rêvais depuis toujours ou presque. Au départ, mon chevelu et moi nous étions fixés sur la Crète, destination vers laquelle, au mois d'août, on n'a que l'embarras du choix. Ben justement, on a été bien embarrassés. Séjour X ou Y, autotour, circuit organisé, glandouille sur la plage, visites culturelles, randonnée sauvage, y en a pour tous les goûts, pour tous les budgets, pour toutes les envies, et là, amuse-toi pour faire un choix. Et puis un beau matin, en farfouillant sur le net, je me dis "oh pis merde, pourquoi on n'irait pas en Norvège ?". J'appelle le chevelu susnommé pour lui en parler, il me répond "oh ben oui, pourquoi pas", et là, ni une ni deux, on décide de partir une semaine voir des fjords, des trolls et des saumons facétieux. Depuis le temps que j'en rêvais, j'étais pas loin de verser ma larme d'émotion au-dessus de la gamelle des chats (ben quoi, ici ou ailleurs, peu importe).
Petit aperçu :
Pendant une semaine, nous avons circulé entre Oslo (la capitale) et Bergen (la seconde ville la plus importante du pays).
Dès notre arrivée à l'aéroport d'Oslo, on est dépaysés. Il fait facilement 7 ou 8 degrés de moins qu'à Paris, en Norvège, c'est déjà l'automne...
Contrairement à l'énorme usine qu'est Roissy, l'aéroport d'Oslo semble tout petit et bien paisible... Le temps de nous repérer et de comprendre un peu ce qui se passe autour de nous (quand on a de bonnes bases d'anglais et éventuellement d'allemand, on se débrouille sans problème en Norvège), nous nous mettons en route pour l'hôtel où nous allons passer la nuit.
Comme il n'est pas encore très tard, nous nous arrêtons quelques instants pour visiter le site de Hadeland Glasswerk. Il s'agit d'une ancienne verrerie, pour ceux qui voudraient en savoir plus ça se passe ici : http://www.hadeland-glassverk.no/english/. Les lieux contiennent un musée et quelques magasins pour touristes, version luxe (qui ne seront que les premiers d'une longue série, mais ça, innocents que nous sommes, nous ne le savons pas encore). Pas de bol, il est déjà 17 h 30 passées, et le musée est fermé, nous nous consolons donc en nous baladant dans les boutiques de souvenirs. M'enfin comme on vient d'arriver, il serait bien étrange que nous en ayions déjà, des souvenirs. Faudrait pas non plus nous prendre pour des jambons de renne !
Le site a conservé la locomotive qui amenait les ouvriers des environs à l'usine au début du siècle.
De là à dire que c'est le moyen de locomotion qu'a utilisé cette sympathique famille de trolls, il n'y a qu'un pas, que je m'empresserai de franchir, parce que j'aime bien extrapoler.
Je ne peux pas résister au plaisir de vous montrer les toilettes du site, elles valent vraiment le coup d'oeil.
Dans la foulée, nous repartons gaiement vers l'hôtel où nous allons dormir. La bâtisse en question est bien moche, elle ressemble à une sorte de cube en béton jaillissant du sol, mais nous nous promenons dans les parages et nous admirons la nature tels des touristes japonais, l'appareil-photo greffé au bout du bras.
Le lendemain, nous passons la journée à Oslo. Nous partons aux alentours de 8 heures du matin (oui, les journées norvégiennes commencent tôt), il pleut des cordes et il fait 11 degrés. Un 9 août. Vive l'été. En regardant ce que j'écris par-dessus mon épaule, mon chevelu me suggère de simuler la folie pour justifier la partie météorologique de mon récit ; l'idée est intéressante en effet mais ceux et celles qui me connaissent savent que je n'ai aucun besoin de la simuler. La folie. Gaaah !
Bref.
Nous entamons la journée par la visite du musée des navires vikings. A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, des fouilles archéologiques ont permis de retrouver à Tune, Gokstad et Oseberg trois knörrs parfaitement conservés (rien à voir avec la soupe, petits malins, c'est le vrai nom des drakkars, le terme "drakkar" ne désignant en réalité que la proue du bateau), ainsi que toutes sortes d'autres pièces, dont une luge magnifiquement sculptée, une paire de chaussures de femme, du matériel de cuisine, des bijoux, un chaudron suspendu à un trépied... Malheureusement (mais je suppose que c'est une volonté de la direction du musée), il est impossible de prendre des photos de ces objets magnifiques. Non pas que ce soit interdit, mais les vitrines et les éclairages sont agencés de telle façon que toutes les photos sont vraiment nazes. Voici quelques images extraites du site http://www.arild-hauge.com/vikingskipshuset-oslo.htm
Je ne connais ce monsieur ni d'Eve ni d'Adam, mais cette photo donne une idée de la taille impressionnante des bateaux. Je suis passionnée par cette visite, et aussi très émue par la finesse de ces objets du quotidien, à tel point qu'il faut que mon chevelu m'arrache à la contemplation des entrelacs sur les patins de la luge pour qu'on puisse continuer.
Nous enchaînons donc sur la visite du musée du Fram (http://www.fram.museum.no/en/). En norvégien, Fram signifie "en avant". C'est le nom que portait le paquebot de Fridtjof Nansen, et qui était Fridtjof Nansen, me direz-vous, eh bien c'est le nom que portait ce charmant monsieur :
Et là, on voit tout de suite qu'il fallait pas trop le faire chier le gars. Il s'agit d'une sorte de héros national norvégien. Non content d'avoir réussi l'exploit scientifique et humain de s'approcher du pôle Nord plus que quiconque avant lui entre septembre 1893 et janvier 1896, il rédigera 6 tomes d'observations scientifiques, il refusera d'être roi de Norvège, deviendra ambassadeur à Londres et recevra le prix Nobel de la Paix. Entre autres. Pour en savoir plus, http://fr.wikipedia.org/wiki/Passeport_Nansen.
Toute l'originalité de ce musée, c'est qu'il est construit tout autour du bateau. Le bateau est là, énorme, il trône en plein milieu, et tout autour, courent trois galeries superposées où l'on peut voir des photos des expéditions successives vers le Pôle Nord. Une fois arrivé tout en haut, on peut entrer dans le bateau et le visiter. Les cabines, fermées par des vitrines, contiennent les vêtements de l'équipage, des ustensiles de cuisine, du matériel de chirurgie, c'est très saisissant.
Voici le salon où ces messieurs se détendaient, autant dire qu'ils étaient quand même bien équipés. Visite bien intéressante, donc, un peu moins à mon goût que le Vikingskipshuset (comment ça, à mes souhaits ? C'est le nom norvégien du musée des bateaux vikings, suivez un peu, quoi), mais ça vaut le coup d'oeil.
Voici maintenant venu le moment de la promenade dans le Frognerpark, le parc Frogner, hanté par les statues insolites de Gustav Vigeland (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Vigeland). On aime ou on déteste, mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles ne laissent personne indifférent. En résumé, dans les années 20, la municipalité d'Oslo donne carte blanche à Vigeland pour faire du parc Frogner son espace personnel, son oeuvre, sa pièce maîtresse. Et comme le monsieur est semble-t-il assez tracassé par les relations amoureuses, la question de la moralité et tout ce qui tourne autour de l'humain et de ses incessants questionnements existentiels, il en résulte quelque chose de très étrange. Dans la partie "féminine", on est encadré par deux rangées de personnages tous plus étonnants les uns que les autres.
Et dans la partie "masculine", d'autres statues s'organisent autour d'un monolithe tout ce qu'il y a de plus phallique (décidément, ça, c'est universel), mais elles sont tout aussi étonnantes.
Nous nous rendons ensuite à Lillehammer, car la journée norvégienne non seulement commence tôt, mais en plus elle est longue, la carne. En même temps, on n'a qu'une semaine, il faut bien la mettre à profit.
Bref.
Lillehammer, donc, jolie petite ville à 180 kilomètres au Nord d'Oslo, nous n'y passons qu'en coup de vent, le temps d'admirer les façades des beaux bâtiments du centre-ville et de voir de nos yeux le tremplin des JO de 1994. Eh ben autant les maisons sont belles, autant le site du tremplin... aïe aïe aïe ! Le centre-ville ressemble à ça :
Et le site olympique à ça :
Norvège, terre de contrastes.
Fort heureusement, au pied du tremplin, se trouve une... une... allez Madame un petit effort... une boutique de souvenirs, oui, bravo Monsieur, encore un militaire qui gagne une tringle à rideaux ! Nous y rencontrons d'ailleurs le second héros national norvégien, j'ai nommé Super-Elan. Car Super-Elan est partout, il y en a des petits, des moyens, des grands, est-ce un oiseau, est-ce un avion, non ! C'est Super-Elan ! Et c'est sur cette délicieuse rencontre que se termine notre seconde journée de tribulations norvégiennes.
Le lendemain matin, par une délicieuse petite température frisquette de 9 degrés (attention aux moustiques, qu'y disaient, tu parles, ils sont tous décédés les moustiques par ce temps !), nous démarrons de bonne heure et prenons la route pour nous rendre à Alesund. Sur la route, nous nous arrêtons, non pas dans une boutique de souvenirs, mais à côté de l'atelier d'un sculpteur manifestement spécialisé dans le personnage bizarroïde. On reconnaîtra une reproduction du Cri, ce fameux tableau de Munch :
Sympa, hein ? Je ne suis pas sûre de vouloir le même dans mon salon (je ne voudrais pas faire fuir les invités non-avertis) mais personnellement, j'aime beaucoup. Je suis moins fan des trolls d'à côté, mais il faut quand même reconnaître que ce monsieur a du talent.
J'adore ce genre de découverte dûe au hasard le plus complet, et ces sculptures étranges qui surgissent au détour d'un virage... moi, le bizarroïde, ça me parle.
Trêve d'apparitions à la X-Files, nous repartons on ze road again et faisons une nouvelle halte au pied du Trollveggen, le mur des trolls. Le mur des trolls, c'est tout bonnement la paroi rocheuse la plus haute d'Europe, au point le plus haut elle mesure 1100 mètres, le tout à pic. Le site du Trollveggen a été (et serait toujours) très fréquenté par les amateurs de basejump (saut en parachute depuis un point fixe, par opposition à ceux qui sautent depuis un avion). Seulement, en 1984, Carl Boenish, un des précurseurs de cette discipline, s'est tué en sautant justement de là. D'autres accidents mortels ont suivi, et le saut a été interdit en 1986, ce qui n'empêche apparemment pas certains basejumpers d'essayer quand même.
Comptez pas sur moi les mecs, je me contenterai de la regarder d'en bas, c'est déjà bien assez vertigineux.
Nous longeons ensuite un charmant camping, et là je me dois de faire une parenthèse. Ici en France, le camping, c'est ça :
Au mieux, une bande de chouettes copains sous des tentes qui jouent de la guitare le soir au clair de lune.
Au pire, c'est ça :
Patrick Chirac et ses potes.
Au secours.
Alors qu'en Norvège, un camping, c'est ça :
C'est quand même aut'chose. Dans les campings norvégiens, on peut louer une hytta (prononcer hûta), une sorte de petit chalet, au confort certes rudimentaire mais disposant de vraies couchettes et, pour les plus luxueuses, d'un peu plus d'équipement. Toutes ne sont pas des chalets à louer, certaines hytter sont des refuges de haute montagne ou même des résidences secondaires ; il semblerait que beaucoup de norvégiens possèdent une hytta à la montagne, où ils se retirent quand ils ont envie qu'on leur foute la paix. Sur le toit des hytter, on voit souvent pousser de l'herbe, en effet la toiture est en partie faite de tourbe, et on peut y faire pousser de l'herbe et parfois même de petits arbustes, c'est à la fois étrange et très joli.
Et nous voilà repartis, au gré de l'échelle des trolls, la Trollstigen. L'échelle des trolls (http://en.wikipedia.org/wiki/Trollstigen), qui attire beaucoup de touristes du monde entier paraît-il, qu'est-ce que c'est ? Je vous le donne en mille : une route de montagne. Waouh, ils sont quand même forts ces Norvégiens, ils font visiter même leurs routes de montagne. Bon, elle est quand même spectaculaire avec ses 11 virages en épingle à cheveu, ça donne un peu le vertige.
Mais au bout du compte, ça reste une route. Avec tout en haut... une boutique de souvenirs. Incroyable. Ceci étant dit, l'hôtesse d'accueil de la boutique était charmante, elle portait de magnifiques boucles d'oreille et a pris la pose tout naturellement sans se faire prier.
Et je m'aperçois que j'ai eu beaucoup de chance, car les suivants qui ont voulu immortaliser cette sympathique autochtone l'ont seulement vue vider sa vessie dans la rivière. Ca devait être nettement moins photogénique.
En fin de journée, nous arrivons donc à Alesund, qui a des allures de station balnéaire, surtout par le temps radieux sous lequel nous la découvrons.
La ville d'Alesund est construite sur l'eau, ou plutôt sur un petit archipel, c'est très surprenant, ça fait un peu penser à Venise. C'est la ville natale de Rollon, le fondateur de la dynastie des Ducs de Normandie au IXème siècle. Le 23 janvier 1904, la ville a presque entièrement brûlé (ben oui, tous ces bâtiments en bois, ça flambe tellement bien) en laissant 10 000 personnes à la rue. Coup de bol, l'empereur d'Allemagne Guillaume II, qui y passait ses vacances, a fait venir des architectes et des artisans d'Allemagne, qui ont tout reconstruit selon l'esthétique de l'Art Nouveau. Résultat, Alesund ressemble à un port au beau milieu de la montagne, et les façades des maisons ressemblent à celles de Prague. Un endroit charmant. Très calme, un peu trop peut-être, en même temps nous y étions un dimanche soir, ceci explique peut-être cela.
C'est ici que nous passons la nuit.
Et là, c'est le drame. Mais non, c'est pas vrai, rhô, si on peut plus rigoler... En réalité, c'est tout sauf le drame, c'est même la journée que j'ai préférée sur cette semaine. C'est le quatrième jour, et nous nous rendons dans le petit village de Hellesylt (http://en.wikipedia.org/wiki/Hellesylt)pour prendre le ferry qui traverse le fjord de Geiranger. Au passage, nous faisons la connaissance d'une collègue de Heidi et de ses deux meilleures copines.
Une autre de ses copines nous accueille sur le bateau, et c'est parti pour une heure de traversée sur ce que le guide Lonely Planet considère comme la plus belle destination en Norvège, et l'UNESCO comme patrimoine mondial de l'humanité : le fjord de Geiranger (http://trollfjord.free.fr/carte/geirange.htm).
Un enchantement. Le panorama est tellement spectaculaire qu'on en a le souffle coupé. En plus, mon chevelu a eu le nez creux et nous avons réussi à squatter les meilleures places, à l'avant du bateau, un peu isolés de la foule, juste avant d'être submergés par un groupe d'Italiens. On est tout à l'avant, nulle tête pour nous boucher l'horizon, on n'a plus qu'à se taire et admirer.
On nous raconte beaucoup d'histoires assez délirantes pendant la traversée. Au début du XXème siècle, dans les maisons qui restent sur les falaises mais furent abandonnées au plus tard dans les années 60, on attachait les enfants avec des cordes pour éviter qu'ils ne tombent dans le fjord. Pour accéder aux maisons les plus vertigineusement placées, une échelle était nécessaire, et lorsque le collecteur d'impôts venait réclamer son dû, on retirait tout simplement l'échelle pour qu'il reparte bredouille. Bien évidemment, mon chevelu, toujours rationnel, n'y croit pas, et moi je ne sais pas si j'y crois et d'ailleurs, je m'en fous pas mal, car comme dit le proverbe, "don't ruin a good story with truth !" (pour les non-anglophones, "ne gâche pas une bonne histoire en disant la vérité", et moi j'aime les bonnes histoires). Nous passons vers la fin de la traversée entre les cascades surnommées "les Sept Soeurs", que voici...
Et celle d'en face, surnommée "le Prétendant", que voilà :
Selon la légende, le Prétendant aurait fait sa cour à chacune des Sept Soeurs, qui l'auraient toutes éconduit. Résultat, le Prétendant, seul et malheureux, se serait réfugié dans la boisson, d'où la forme caractéristique évoquant une bouteille que l'on voit distinctement au milieu de la cascade. Mais si enfin, une bouteille, on ne voit que ça, ça crève les yeux. Eh ben on a essayé de la trouver tous les deux, et on ne l'a jamais vue, cette sacrée bouteille. On en a donc tout naturellement déduit que c'était l'auteur de cette légende, charmante au demeurant, qui devait la taquiner, la dive bouteille. Là-dessus au moins, on était d'accord.
Je ne peux pas résister au plaisir de vous montrer ce que l'on voit, une fois descendu du bateau et remonté sur la route, juste en regardant par-dessus son épaule. Et juste après, mon deuxième émerveillement en ce qui concerne la Norvège, nous redémarrons en direction du petit village de Lom, où se trouve une des dernières églises en bois debout, les stavkirker (http://fr.wikipedia.org/wiki/Stavkirke). Il n'en reste que 28 dans toute la Norvège, contre un bon millier entre 1100 et 1300. Celle de Lom est très belle, même si elle n'est pas aussi spectaculaire que celle de Borgund.
Dans tous les cas, ces bâtiments aux formes très complexes nous prouvent une fois de plus que les Scandinaves de l'ère préchrétienne étaient tout sauf des brutes épaisses - mais ça, il y a longtemps que j'en suis persuadée.
La journée se termine donc ainsi, et même la présence d'une boutique de souvenirs à deux pas de l'église (oui, encore) n'entame pas mon émerveillement.
Le lendemain, matin, justement, nous restons dans le thème "ces églises qui brûlent si bien", et nous visitons celle de Borgund. Oui oui, on peut entrer à l'intérieur, et moi j'ai trouvé ça très impressionnant. On s'imagine à la place de ces malheureux Scandinaves qu'on a christianisés à tout-va alors qu'ils n'avaient rien demandé, tous debout et serrés comme des sardines dans une petite église ouverte à tous les vents, et on se dit qu'on n'aurait vraiment pas voulu être à leur place. Surtout en plein hiver. L'impression est renforcée par le fait que la direction du site de Borgund a tenu à éliminer tous les détails trop modernes qui ont été ajoutés après la Réforme.
En effet, des bancs avaient été installés, ils ont été retirés, et on voit encore la trace de motifs floraux peints puis effacés, ainsi que les trous de solives d'une galerie qui a été démontée.
Détail amusant, on peut voir dans le musée adjacent à l'église la reproduction d'une inscription runique relevée sur le bois d'un des montants, laquelle inscription, une fois déchiffrée, voudrait dire quelque chose du genre "Tore est passé ici la veille de la Saint-Olaf". Quels petits marrants ces vikings, déjà au Xème siècle ils faisaient de bonnes blagues aux archéologues du futur...
Nous reprenons à nouveau la route pour nous diriger cette fois vers le petit village de Flam, au bord du Sognefjord (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sognefjord), où nous tuons le temps une bonne heure en admirant les curiosités locales. Les moyens de locomotion...
L'habitat traditionnel...
Et surtout, la faune locale, attention, celui-ci est rassasié, mais quand ils ont faim, ils sont très dangereux.
Trêve de carabistouilles, nous voilà partis pour une croisière de deux heures sur le fjord de Sogn.
Après une bonne heure de tergiversations, la pluie finit par se décider à tomber et nous nous réfugions à l'intérieur du bateau, encore une fois juste avant qu'une horde de mamies italiennes ne vienne jouer aux chaises musicales dedans plutôt que dessus.
Bien au chaud dans le bateau, nous nous apprêtons à repartir gaillardement vers la région de Hardanger, où nous passons la nuit suivante. Nous sommes logés presque au bord de l'eau, et nous en profitons une fois de plus pour sortir nous balader l'appareil-photo au poing, prêts à immortaliser le moindre gouvernail...
La moindre maison...
La moindre lumière vespérale (voilà un mot qu'on n'utilise pas assez)...
Avant d'aller s'écrouler sous la couette, parce qu'après tout ça, on est quand même un peu morts.
Pour finir notre voyage, nous nous rendons à Bergen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bergen_(Norv%C3%A8ge)), la seconde plus grande ville de Norvège, après Oslo et avant Trondheim. Et là, mon impression est assez mitigée, peut-être parce que j'ai toujours entendu parler de Bergen comme d'un endroit extraordinaire et que finalement, je ne vois pas trop ce que Bergen a de plus que le reste de la Norvège, qui est déjà un pays relativement extraordinaire en soi.
D'accord, il y a de beaux détails architecturaux quand on se donne la peine de les chercher. Mais apparemment, c'est tout sauf traditionnel, une guide de ville nous explique que ces façades colorées ne sont présentes que depuis une dizaine d'années.
D'accord, il y a une vieille ville parfaitement conservée et très pittoresque, mais au rez-de-chaussée, on trouve quoi ? Des boutiques de souvenirs.
Bon, loin de moi l'idée de cracher dans la soupe de poisson, nous avons quand même passé un certain temps à nous promener sur le marché aux poissons, où j'ai interdit mordicus à mon chevelu de goûter la chair de baleine - oui, le petit malheureux vit avec Greenpeace. Nous avons également visité l'église Sainte-Marie, qui, étonnamment pour une église protestante, présente de nombreuses décorations très chargées, dorures, moulures et compagnie...
Et un petit coin "j'occupe mes enfants pendant que je visite", manifestement assez traditionnel en Norvège dans les lieux publics en général.
J'aime bien cette atmosphère de mini-scriptorium.
C'est le lendemain que nous reprenons la route une dernière fois pour retourner à Oslo. Chemin faisant, nous nous arrêtons pour observer de plus près de surprenants petits tumulus en pleine montagne, qui ressemblent étonnamment à des maisons de hobbits.
Nous nous apercevons sur place qu'il s'agit d'habitations traditionnelles samies. En effet, dans une de ces maisons, une dame d'origine samie (http://www.norvege.no/facts/sami/sami/sami.htm) vend toutes sortes de choses, ça va de l'artisanat traditionnel au souvenir le plus bas de gamme, c'est assez varié.
Mais nous préférons nous intéresser à la culture plutôt qu'au commerce, et c'est l'occasion d'apprendre que même pour les Samis qui vivent en Laponie, le terme "lapon" est péjoratif. Il semblerait même que c'est assez vulgaire et limite raciste, et que c'est LE terme à ne pas utiliser. Il vaut mieux dire "Sami", en prononçant le I à mi-chemin entre le son "i" et le son "é". On se couchera moins bête ce soir, en tous cas moins grossiers.
Nous rentrons donc à Paris le 15 août (on décolle d'Oslo à 6 h 30, un peu dur d'être à l'aéroport à 4 h 30), il fait 22-23 degrés, je peux enfin enlever mon 3ème pull, hourra !
Trêve de pitreries, j'ai beaucoup aimé la Norvège. J'espère bien y retourner, peut-être passer plus de temps à Oslo, aller voir plus au Nord et pourquoi pas en Laponie, en revanche c'est un voyage que je préparerai soigneusement, se promener par - 20 degrés ça ne s'improvise pas !






















































